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2.1 Les ethnies

La Côte d'Ivoire constitue une véritable mosaïque ethnique, car on y dénombre plus de 60 ethnies différentes qu'on peut regrouper en quatre grands groupes (selon des critères linguistiques):

1) Le groupe mandé : localisé dans le nord-ouest du pays, ce groupe, appelé aussi mandingue, compte surtout les Malinké, les Bambara, les Dioula, les Foula, etc. Au centre-ouest, l'ethnie des Dan réside dans la zone montagneuse du pays, principalement autour de Man.

2La Côte d'Ivoire constitue une véritable mosaïque ethnique, car on y dénombre plus de 60 ethnies différentes qu'on peut regrouper en quatre grands groupes (selon des critères linguistiques):) Le groupe krou : au centre-sud et au sud-ouest résident les Krou ou Magwé, la principale population de cet ensemble ethnique étant les Bété.

3) Le groupe gour (voltaïque): au nord-est, ce groupe constitue l'un des plus anciens peuples du pays, avec les Sénoufo et les Lobi, qui  habitent le Nord.

4) Le groupe akan : à l'est, au centre et au sud-est se trouvent les Akan, l'ethnie la plus nombreuse, et que l'on divise en Akan du Centre (principalement Baoulé), en Akan frontaliers (Agni, Abron, etc.) et en Akan lagunaires (Ebrié, Abouré, Adioukrou, Appolloniens, etc.).

Cote DIvoire ethnique 20210228.png

Les ethnies les plus importante sont les Sénoufo (9,7 %), les Malinké (8,5 %), les Baoulé (6,6 %), les  Dan appelés aussi Yacouba (5,9 %), les Bété (5,7 %), les Agni (4,5 %), les Gouro (3,6 %), les Dioula (3,4 %), les Guéré (3,4 %), les Dida (2,1 %), les Lobi (1,8 %), les Wobé (1,7 %), les Abé (1,4 %), les Adjoukrou (1 %), les Ébrié (0,7 %), etc.

La Côte d'Ivoire accueille sur son sol quatre à cinq millions d'étrangers, soit au moins le tiers de sa population, un cas presque unique au monde. Mentionnons notamment les Burkinabés (environ trois millions), les Ghanéens (environ 500 000), les Libériens (100 000), les Européens (environ 20 000 Français, dont un tiers de binationaux, des Allemands, des Belges, etc.), les Américains et les Syro-Libanais (environ 100 000).

2.2 Les langues

Sur le plan linguistique, le pays offre une aussi grande diversité: on y dénombre quelque 70 langues.

La quasi-totalité des langues appartient à la grande famille nigéro-congolaise. Les colonisateurs français ont à l'époque regroupé les langues en groupes linguistiques. On distingue ainsi en côte d'Ivoire les langues ouest-atlantique, kwa, gour, krou et mandé. Seules six langues sont parlée par plus d'un million de locuteurs; 28 par plus de 1000 locuteurs et 37 par plus de 50 000 locuteurs, sans compter les nombreuses langues parlées par quelques milliers ou quelques centaines de locuteurs. Le tableau ci-dessous ne présente que les langues comptant plus de 50 000 locuteurs.

Ethnie Population Pourcentage Langue Religion
Baoulé 4 645 000 19,5 % baoulé chrétienne
Malinké 4 217 000 17,7 % dioula musulmane
Sénoufo 2 129 000 9,9 % sénoufo ethnique
Dan 1 490 000 6,2 % dan (yacouba) ethnique
Anyi 1 444 000 6,0 % anyin chrétienne
Mossi 1 361 000 5,7 % moore chrétienne
Bété 730 000 3,0 % bété ethnique
Attié 642 000 2,6 % attié chrétienne
Gouro 580 000 2,4 % gouro ethnique
Fulani 479 000 2,0 % peul musulmane
Guéré du Centre 422 000 1,7 % we du Sud ethnique
Haoussa 395 000 1,6 % haoussa musulmane
Kulango 372 000 1,5 % koulango ethnique
Malinké mau 348 000 1,4 % mahou musulmane
Akan 346 000 1,4 % akan Chrétienne
Dida 336 000 1,4 % dida Chrétienne
Lobi 270 000 1,1 % lobi ethnique
Abe, Abbey 268 000 1,1 % abe Chrétienne
Wobe 265 000 1,1 % we du Nord ethnique
Brong 223 000 0,9 % abron ethnique
Soninké sarakolé 185 000 0,7 % soninké musulmane
Ebrié 152 000 0,6 % ébrié chrétienne
Odienne 147 000 0,6 % wojenaka musulmane
Adjoukrou 140 000 0,5 % adioukrou chrétienne
Bissa 127 000 0,5 % bisa ethnique
Worodougou 115 000 0,4 % worodougou musulmane
Yoruba 115 000 0,4 % yoruba chrétienne
Nzema 113 000 0,4 % nzema chrétienne
Aburé 93 000 0,3 % aburé chrétienne
Abidji 85 000 0,3 % abidji chrétienne
Koyaga 84 000 0,3 % koyaga musulmane
Nyabwa-Nyedebwa 72 000 0,3 % nyabwa ethnique
Grebo de la Côte 71 000 0,3 % grebo du Sud chrétienne
Gagou 70 000 0,3 % gban ethnique
Tura 67 000 0,2 % toura ethnique
Koro, Koro Jula 58 000 0,2 % koro musulmane
Arabe Libanais 55 000 0,2 % arabe leventin musulmane
Autres 1 015 000 4,2 %
Total 2017 23 816 000 100,0 %

Toutes ces langues appartiennent à la famille nigéro-congolaise, à l'exception de l'arabe leventin (famille afro-asiatique).

- Le dioula:

Le dioula occupe une position privilégiée, car il sert de langue véhiculaire commerçante entre les Ivoiriens; bien qu'il ne constitue la langue maternelle que de 17,7 % de la population, il serait parlé comme langue seconde (à des degrés divers) par sept millions de locuteurs, ce qui lui confère un rôle important comme langue véhiculaire, notamment dans les échanges commerciaux. La vitalité des langues ivoiriennes ne fait pas de doute puisque 88 % des conversations relevées dans les marchés se font dans l'une de ces langues. De plus, la moitié des enfants parleraient au moins deux langues africaines dont le dioula, le baoulé, le bété et l'agni. C'est pourquoi il demeure surprenant que les langues ivoiriennes n'aient pas encore obtenu un rôle plus important dans la vie sociale du pays.

- Le français

Quant au français, c'est la langue officielle de l'État et celle de l'école. Comme un peu partout en Afrique, les langues nationales, surtout celles qui sont de moindre importance, sont apprises dans le cadre familial, notamment en milieu rural lorsque les deux parents sont de la même ethnie et qu’ils parlent leur langue à leurs enfants. Cependant, même en ce cas, il arrive que la langue des parents soit utilisée concurremment avec le français. Par exemple, dans une grande ville comme Abidjan, le français vient largement en tête des langues apprises comme première langue et il n’est concurrencé que par le dioula, mais uniquement dans les quartiers à fort taux de population d’origine mandingue.

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Article repris du site Web https://www.axl.cefan.ulaval.ca/afrique/cotiv.htm

Bibliographie

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KOUADIO N’GUESSAN, Jérémie. «Le français : langue coloniale ou langue ivoirienne?» dans Hérodote, Paris, Éditions La Découverte, n° 126, 2007, p. 69-85.

KOUADIO N’GUESSAN, Jérémie. «Le français en Côte d’Ivoire : de l’imposition à l’appropriation décomplexée d’une langue exogène», dans Documents pour l’histoire du français langue étrangère ou seconde, n° 40/41, 2008, URL: http://dhfles.revues.org/125.

LECLERC, Jacques. Langue et société, Laval, Mondia Éditeur, coll. "Synthèse", 1992, 708 p.

TCHAGBALE, Zakari. «Langues nationales: les langues ivoiriennes à l'école, une réalité» dans Fraternité Matin, Abidjan, 10 Avril 2003.

TURCOTTE, Denis. «Analyse comparée de la planification linguistique en Côte d'Ivoire et à Madagascar», dans L'État et la planification linguistique, tome II, Québec, Éditeur officiel du Québec, p. 141-162.

TURCOTTE, Denis. La politique linguistique en Afrique francophone, Québec, Presses de l'Université Laval, CIRB, 1981, 219 p.

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