African Traditions Online Encyclopedia Wiki
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Les sociétés africaines sont basées sur une très forte cohésion familiale. Cette solidarité dépasse la famille au sens restrictif du terme, telle qu'on le conçoit chez nous. Les membres âgés ou en état d'infériorité sont pris en charge par le groupe, ce qui entraîne une perte d'indépendance pour les jeunes. Ce qui nous étonne, nous occidentaux du XXIème siècle.

Le culte des ancêtres est le pilier de cette tradition et les membres d'un même clan se réclament souvent de l'ancêtre commun, qui est honoré dans tout le groupe et joue un rôle protecteur et d'intercesseur auprès des dieux.

Il découle de cet état d'esprit que la généalogie va prendre une importance capitale dans la vie béninoise.

Lorsqu'ils ne possédaient pas l'écriture, la tradition orale y suppléait et le griot avait pour rôle de raconter les exploits des ancêtres, de rappeler leurs noms. Ceux qui étaient au service des puissants du pays ne devaient pas se tromper sous peine de mort, ce qui leur entretenait la mémoire. Actuellement ces généalogies sont écrites.

Dahomey : le ventre de Dan'[]

Le Bénin était appelé Dahomey au temps de la colonisation. Il comprend plusieurs royaumes, dont le principal est celui d'Abomey.

Suivant la légende, le nom de Dahomey vient d'une rivalité entre le roi Houegbadja et un voisin hostile, nommé Dan. Houegbadja lui demanda une parcelle de terre, pensant le châtier en cas de refus. Dan accepta. Le fils de Houegbadja, Houessou, construisit, sur cette terre, de nombreuses cases et redemanda de la terre. Dan lui tend un piège, mais Houessou est averti du traquenard par les tam-tams.

Houessou revient lui demander la terre et Dan lui demande s'il veut construire dans son ventre. Houessou tue Dan et enfonce dans son ventre le pieu qui doit supporter sa case. Cette maison devient Dan Homé (ventre de Dan).

Dans le royaume d'Abomey s'est développé l'art des tissus appliqués, une sorte de patchwork, retraçant, avec des couleurs vives, des motifs inspirés de la tradition orale, en particulier des noms des rois ou de leurs symboles.

Les rois d'Abomey[]

Le panneau ci-contre (ramené d'un voyage au Bénin en août 2001) représente les rois d'Abomey qui se sont succédés, de 1600 environ jusqu'à 1900, à Abomey. C'est un véritable arbre généalogique.

Ce royaume a rayonné sur tout le Bénin à l'époque où s'amplifiait la main-mise des Européens sur l'Afrique : Portugais, Anglais, Français, tantôt négociant avec eux, tantôt s'opposant à leur emprise. Parmi ces rois, le roi Gbehanzin, dernier bastion contre l'occupation française, fut battu en 1894. Il mourut en 1906, en exil à Alger

Les rois des différentes régions ne faisaient pas dans la dentelle. Ils étaient assez belliqueux, entre eux et envers leurs voisins. Les prisonniers ont souvent servis de monnaie d'échange avec les Portugais (toujours demandeurs d'esclaves), qui leur fournissaient des armes et autres marchandises… Ils pratiquaient volontiers une politique d'expansion.

Les rois de Savé[]

Le Bénin est une république ; mais curieusement cela ne les empêche pas d'avoir des rois héréditaires, légitimes, descendants des chefs des royaumes disparus lors de la colonisation. Ils n'ont pas de pouvoir officiel, mais ils gardent un ascendant moral et social important sur la population. Ils maintiennent les traditions et essaient de démêler les litiges qui peuvent surgir entre leurs concitoyens.

La petite ville de Savé, située au centre du Bénin, à une centaine de kilomètres au nord de Cotonou, était la capitale d'un royaume Marouba. Elle possède un roi, auquel il ne faut pas manquer de rendre hommage. On pénètre donc dans le palais royal, qui se distingue des autres maisons par des pièces plus vastes, avec une galerie couverte où sont alignés des sièges au-dessus desquels le rang des occupants est nettement déterminé : le roi (ou Oba), les ministres, les notables, les princes, les épouses… Pour rendre hommage au oba, les membres présents de la cour du roi étant assis à leur place respective, il faut quitter ses chaussures et s'incliner respectueusement devant chacun d'eux. Cette formalité accomplie, ils répondent courtoisement à toutes les questions qui leur sont posées, concernant leurs rôles, les secrets de leur cité…

Vous êtes avertis, par exemple, de l'existence, dans la colline proche, de grottes où vous ne devez pas pénétrer car les abeilles qui les habitent ne connaissent que le dialecte local et chassent impitoyablement toute personne parlant une autre langue. Bien que mulsulmans, les rois de Savé restent, comme tous les béninois, profondément imprégnés de la religion Vaudou, de ses sortilèges et de ses mystérieux pouvoirs. Le roi étant absent, le prince et le père du roi nous ont reçu. On nous a montré fièrement, dans la salle du trône, la succession de tous les rois de Savé depuis 1781. Il ne s'agit pas à proprement parler d'un arbre généalogique, puisque ici deux familles occupent la fonction, en alternance, et le roi est issu tantôt de l'une, tantôt de l'autre.

Voici la liste des rois (les oba) qui se sont succédés depuis 1781 :[]

  • - OBA OLA-OOBE (1781-1792)
  • - OBA OLA-AIMONA (1792-1800)
  • - OBA AKINKANJU (1800-1818)
  • - OBA OTEEWA (1818-1878)
  • - OBA ALAMU ATUNLUTE (1878-1888)
  • - OBA AKANMU JIWA (1888-1925)
  • - OBA ADEBEBOYE (1926-1933)
  • - OBA ADEYEMI (1933-1945)
  • - OBA ADEMOYEGUN (1946-1963)
  • - OBA ADEGERI OLU (1964-1968)
  • - OBA ADELUYI (1970-1975)
  • - OBA ADELEKE (1976- …)

© Cercle Généalogique et Historique d'Aubière - Souvenirs d'un voyage au Bénin - M.J.Chapeau - 2001

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